La préparation mentale est souvent « floue », et nombre de nageurs ne savent où se référencer pour la travailler. Mais celle-ci peut être très intéressante pour renforcer son mental et travailler l’approche de la compétition avec 100% du potentiel. Cela étant, performance et préparation mentale peuvent-elles faire bon ménage ?
Avec l’entraînement physique, on travaille son endurance, sa technique, on développe les différentes filières (aérobie, anaérobie..). La préparation tactique et technique s’est beaucoup développée, la préparation diététique n’est plus à démontrer et est source de performance pour le sportif. Mais qu’en est-il de la confiance, de la façon de gérer le stress ? Pouvons-nous contrôler nos émotions, ce monologue intérieur qui peut nous faire abandonner, ou « craquer de la tête, est-il maîtrisable ? Pouvons-nous, tout comme l’entraînement physique, améliorer notre mental pour vivre notre propre course, et non la subir ?
Beaucoup de nageurs perdent énormément d’influx nerveux avant une compétition, ont les bras coupés à cause du stress. Comment peut-on faire pour travailler sa concentration, et ne pas se laisser perturber par des éléments extérieurs ? Comme l’estiment les spécialistes du cerveau, nous n’utilisons qu’un faible pourcentage de cette faculté.
Les agents stressants du nageur sont multiples : l’obligation de résultats pour les sportifs de haut niveau, la pression médiatique, du club, des parents... Le jeune nageur, lui, doit vivre son sport avec sa scolarité, ce qui, souvent, n’est pas évident à concilier, même dans les sections sportives où il bénéficie d’aménagements d’horaires. Et vous, sportif recherchant avant tout du plaisir, êtes contraint à du stress, dans votre vie professionnelle, après une journée de « boulot » ou pendant vos moments de pause, il faut pourtant continuer l’entraînement.
Le travail sur le mental se répartit en deux parties, le long terme, un accompagnement physiologique du sportif dont le but est de développer et de favoriser les compétences psychiques de l’individu. Elle s’oriente sur l’environnement du sportif, son entourage, ses liens affectifs, sa personnalité et a pour but d’améliorer l’individu : le sportif, avant d’être un athlète, est un homme. L’intervention d’un psychologue sportif est alors indispensable.
Une fois ce travail de fond accompli, le sportif peut utiliser la préparation mentale pour se rendre performant sur un objectif, c’est un travail à moyen et court terme où l’athlète apprend une technique de préparation mentale afin qu’il devienne autonome. Il peut donc faire appel à un préparateur mental (sophrologue…).
Dans la course à la performance, de nombreux sportifs et entraîneurs s’orientent vers la préparation mentale pour faire la différence. Pourtant, c’est une pratique encore " floue " dans le monde sportif.
Plusieurs techniques existent pour préparer l’athlète mentalement :
La relaxation, l’hypnose, la PNL, la visualisation mentale… la sophrologie paraît la plus adaptée pour le nageur.
Certaines techniques visent à privilégier les représentations mentales, les visualisations ou la sophrologie est souvent confondue. Ce conditionnement mental ne fait-il pas qu’augmenter une action idéalisante, avec un certain risque pour le sportif, une façon de se sentir trompé, le sportif en idéalisant sa course se sentira perdu lors d’une difficulté ou d’un changement. En effet, l’essence même du sport n’est-elle pas de s’adapter aux circonstances de la course, de vivre les phénomènes extérieurs, les contraintes rencontrées, c’est tout l’intérêt du sport.
Le nageur est avant tout un homme, la sophrologie s’oriente vers une pratique du sport, une démarche d’épanouissement.
La sophrologie :
Sophrologie est un terme créé par le médecin neuro-psychiatre Alfonso Caycédo, pour désigner une méthode scientifique qu’il a conçue pour maîtriser l’équilibre corps-esprit, pour l’étude de la conscience et pour la conquête des valeurs de l’homme, avec des procédés vivantiels qui lui sont propres et originaux. Tout comme le préparateur physique, le préparateur mental, le sophrologue, apporte, de part sa formation solide et son expérience, un outil au service de la performance du sportif permettant de développer nos capacités personnelles et d’améliorer notre vie quotidienne. L’évolution et l’amélioration des conditions de vie du sportif, de l’homme en terme technologique a entraîné un nouveau fléau de notre millénaire : le « mal de vivre ».
La méthode :
Les techniques de sophrologie peuvent s’apprendre relativement facilement, mais il faut être motivé car il faut être patient et s’entraîner régulièrement, telles sont les vertus du sportif. Au début, elle se fait à l’aide d’un sophrologue, avec pour objectif d’apporter un outil qu’est la sophrologie, autrement dit l’apprentissage de l’autonomie en sophrologie. Les séances peuvent se pratiquer en groupe ou individuellement, à raison d’une à deux séances par semaine. La première séance commence avec un entretien, le rôle du sophrologue est alors d’orienter et de conseiller le sportif vers une personne compétente, médecin, kiné… Si cette dernière révèle une « pathologie », en effet le sophrologue ne soigne pas, ce n’est pas de la magie, c’est uniquement un outil que le sophrologue apporte au sportif pour qu’il parte à la découverte son potentiel.
La Relaxation musculaire de base
La sophrologie est une relaxation dynamique à point de départ physiologique par relâchement musculaire s’inspirant de la méthode du Médecin Américain Jacobson (le relâchement musculaire aboutissant à la détente mentale).
La relaxation sert de base en sophrologie ; avant de commencer sur un travail spécifique, bien plus qu’une détente, elle a des effets bénéfiques sur les agents stressants du sportif qui, comme nous l’avons vu en début d’article, peuvent entraîner une contre-performance. Souvent oubliée dans notre civilisation, la relaxation a des vertus bénéfiques sur notre corps. Elle ne consiste pas à s’allonger dans un fauteuil et à regarder la télévision, ni même à faire une sieste, il faut à la fois garder une attitude passive, sans contraction musculaire, tout en ayant l’esprit en éveil et concentré sur une partie de notre corps, un objet… selon la technique en sophrologie.
La relaxation passe par un savoir et non un apprentissage, car elle fait partie de notre physiologie : en effet, chaque muscle se contracte et se relâche continuellement. Il faut savoir se relaxer, s’accorder du temps dans la journée pour diminuer notre niveau de tension musculaire et aboutir à une détente mentale et physique. Il vous sera plus facile, lors d’une situation stressante, avant le départ de votre course par exemple, de retrouver le niveau de vigilance et de concentration souhaité.
Savez-vous bien respirer ?
Il n’est pas étonnant de voir de nombreux sportifs qui ne maîtrisent pas leur respiration. La respiration c’est la vie, c’est d’ailleurs le premier acte que nous faisons dès notre naissance et le dernier acte avant de mourir. La respiration est le reflet de notre état de tension. Ne vous est-il jamais arrivé de vous sentir angoissé, 10 minutes avant de passer un examen ? A l’approche de votre départ, votre respiration s’accélère, le cœur monte, il vous est alors difficile de rester concentré, de jouir pleinement de l’instant présent : « J’étais tétanisé par le stress ».
Nous avons deux façons de respirer, la respiration du haut du corps, dite thoracique, et celle du ventre, la respiration abdominale. Au repos, l'oxygénation est assurée par les mouvements du diaphragme, muscle clé de la respiration. Suite à une émotion, ou pendant une course, nous avons besoin de plus d'air, les muscles du haut du corps, de la cage thoracique sont alors mobilisés pour augmenter la capacité d'accueil.
La visualisation :
Une fois en apprentissage des techniques de bases en sophrologie (lecture du corps, sophronisation de base), le sportif peut travailler sur des visualisations mentales ; il peut alors, avec un niveau de pratique bien avancé, se projeter dans le futur et vivre sa compétition, de façon à pouvoir l’anticiper. Il est important qu’il vive les sensations de son corps dans cette visualisation, qu’il vive les actions positives mais aussi les difficultés qu’il peut rencontrer pendant sa course. L’intérêt n’est pas qu’il perde avec le sourire ! Une fois maîtrisée, cette technique est intéressante pour corriger les gestes erronés du nageur.
Les bénéfices de la sophrologie pour le nageur :
Grâce à une méthode simple, accessible à tous, l’apprentissage des techniques de sophrologie va permettre d’acquérir une autonomie, une confiance en soi, une harmonie physique et mentale, et d’avoir des objectifs et de vous y tenir.
Renforcer la confiance en soi, développer sa motivation, augmenter sa volonté. La sophrologie peut vous aider à développer votre confiance, améliorer la conviction de vos capacités pour réussir une performance attendue. C’est une façon de mieux vous connaître, et de connaître vos craintes afin de les maîtriser.
Gérer le stress précompétitif, et non le supprimer, car un minimum de stress est source d’inhibition. Cependant, il ne doit pas vous couper les bras avant votre départ, ou vous empêchez de dormir la veille de la course.
Favoriser le pouvoir de concentration, se concentrer sur l’instant présent ce qui nous permet de nous décentrer sur les éléments extérieurs et d’entraîner notre capacité à se recentrer sur soi afin de vivre pleinement notre action dans l’instant présent. Ainsi pendant votre entraînement, il vous sera plus facile de vous concentrer sur vos sensations que de penser à votre journée de boulot !
.Augmenter votre faculté d’adaptation.
Apprendre à positiver les évènements, repérer que vous avez donné le meilleur de vous-même à travers une mauvaise course, un mauvais chrono, vous permettra de découvrir de nouvelles capacités.
Amélioration du sommeil, l’apprentissage de la relaxation permet de s’endormir rapidement et de privilégier un sommeil réparateur. Accompagné par un sophrologue professionnel, un travail sur 15 jours s’avère nécessaire, à raison d’un entraînement quotidien, pour dormir « comme un bébé ».
Entre les courses, votre activité professionnelle, sans compter les séances « dures » d’entraînement exécutées dans la semaine, vous risquez de vous trouver dépourvus à la fin de la saison. La sophrologie permet de gérer votre récupération, en privilégiant des « mini » séances de sophrologie dans la journée ; vous récupérez rapidement de l’énergie.
Favoriser l’épanouissement de l’individu, sur le plan sportif, professionnel et sur sa vie affective. Vous trouverez un réel intérêt dans votre vie professionnelle, affective et sportive. Un plaisir qui n’est pas le plaisir d’un objet éphémère mais un plaisir qui dure, vous éprouverez du bonheur qui s’éprouve et se sent en chacun de nous. Vous trouverez les moyens d’accepter les contraintes de votre sport, l’aspect monotone de l’entraînement, votre régime alimentaire pour la préparation d’une compétition, autant de critères que vous accepterez de façon positive. Cette nouvelle conscience permet au coureur de donner une valeur et un sens à chacune de ses actions quotidiennes.
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